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L'histoire du tapis Point de Sedan

Le Point de Sedan est à l’origine le nom d’un point de dentelles. En effet, c’est au XVIème et XVIIème siècles que l’on a produit entre autres à Sedan un point de dentelle, dénommé Point de Sedan. Seuls quelques exemplaires de cette dentelle subsistent aujourd’hui dont un au musée de Sedan. Un autre exemplaire a été acheté en 1992 par des Japonais lors d'une vente aux enchères.
C’est en souvenir de cette dentelle que la manufacture du Point de Sedan porte aujourd’hui ce nom. A la fin du XIXème siècle, un industriel parisien M. Adrien DUQUESNE fasciné par les tapis noués à la main dans les pays de l’Islam eu l’idée d’essayer de reproduire ce type de fabrication mécaniquement.
Le système fut d’abord adapté à un métier à bras tissant 90 centimètres de large. Il a été décrit en 1886 dans un rapport détaillé présenté à la société d’encouragement pour l’industrie nationale et y a obtenu une médaille de platine reconnaissant ainsi la valeur du procédé de fabrication et les qualités du produit obtenu.
Après l’Exposition Universelle de Paris en 1889 où il reçoit une médaille d’argent, Adrien DUQUESNE s’associe alors avec un ingénieur sedanais, M. Henri GROSSELIN, pour réaliser une mécanique complexe qui permit une double fixation du point de laine en forme de 8 sur une chaîne et une trame, formant un canevas de lin. Ce rapprochement n’est sans doute pas étranger au fait que M. GROSSELIN est lui aussi un ancien lauréat de la société d’encouragement pour l’industrie nationale. Cette association, créée en 1801 et reconnue d’utilité publique dès 1823, a probablement joué un rôle décisif dans le rapprochement des 2 industriels.
Le mécanisme fut intégré, après nombres de difficultés, dans des métiers de bois de type Jacquard, que l’on remplaça quelques années plus tard par d’impressionnants bâtis de fonte de plus de 5 m de haut et 4 m de large dont les organes (volants, couronnes dentées, engrenages de transmissions…) évoquent irrésistiblement les débuts de l’ère industrielle. La production fut ainsi mécanisée vers 1892-1893. Ce mécanisme obtint cette fois la médaille d’or de la société d’encouragement pour l’industrie nationale en 1895. 
S’ouvre alors une période faste pour les Tapis Parisiens de l’entreprise DUQUESNE, elle va durer jusqu’à la première guerre mondiale (1914). Ce sont essentiellement des modèles de tapis orientaux qui sont produits. La société Duquesne exporte alors dans le monde entier, les plus grands magasins parisiens sont ses clients (Au Bon Marché, Le Printemps,…). La société Duquesne et Cie est présente dans de nombreuses expositions (Paris 1889 et 1900, Saint-Louis 1904, Bruxelles 1910, Londres 1912) et reçoit plusieurs prix, en particulier une médaille d’argent à l’exposition universelle de Paris en 1889 et deux médailles d’or lors de l’exposition de 1900 (une pour le métier et une pour la qualité des tapis produits). L'entreprise reçoit aussi un diplôme d'honneur en 1910 à Bruxelles. En 1900, 24 métiers mécaniques, pouvant tisser depuis 70 centimètres jusqu’à 2m 50 de large, s’activent dans la fabrique de Sedan. La production de 1899 est alors évaluée à 32.000 mètres carrés !
La guerre et l’occupation pendant la première guerre mondiale provoquent de très importantes destructions. La production doit être stoppée. Le personnel (environ 180 personnes), souvent très qualifié, se trouve dispersé.
C’est au prix de grandes difficultés que la production repart en 1919. L’inventeur et l’industriel se séparent. C’est alors le fils de Henry GROSSELIN, Maurice, qui reprend seul la fabrication sous le nom Point de Sedan.
La reprise d’activité n’est pas facile après la guerre, les chemins de fer n’ont pas un fonctionnement correct, les fournisseurs sont eux aussi affectés. Pendant une dizaine d’années, l’activité est prospère mais ensuite, le métier à couteau pris l’avantage sur le métier à verges. Sans enfants ou successeur désigné, Maurice GROSSELIN n’effectue pas les gros investissements nécessaires. La seconde guerre mondiale interrompt à nouveau la production. Seuls 12 métiers sur 32 échappent à la destruction. Par bonheur, les cartons ou modèles de dessins sont restés utilisables en grande partie. Cependant, M. GROSSELIN abandonne.
2 industriels sedanais, Paul et Louis HENRION, pour éviter qu’une telle production ne disparaisse, remettent dès la fin de 1943, l’usine en marche avec les quelques métiers restant. Il semble que ce soit à cette époque que l’entreprise est transférée dans les bâtiments actuels. Une collaboration très étroite avec un grand décorateur parisien très renommé, M. JANSEN, oriente la fabrication surtout vers les tapis d’art. L’entreprise comptera environ 60 salariés dans les années 1960.
En 1976, Jacques ROUSSEAU reprend l’entreprise, puis M. et Mme Claude MEURICE lui succèdent à partir du 1er juin 1984. M. LAURANT succède à M. MEURICE le 1er novembre 1991. M. Robert GUILLAUME reprend l’entreprise en grande difficulté en 1997. L’association de sauvegarde est créée en février 2005. M. Kévin SIFFREIN devient gérant de l’entreprise en février 2006. |
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